Pour se ressourcer

2012-Simon-Laroche-Le-monde-en-images-CCDMD_DSC0012_74341Selon le rapport du CEFRIO (2009)[1], pour mieux outiller les jeunes face à l’avenir, il faudra généraliser l’usage des TIC dans les salles de classe, mais aussi apporter des ajustements majeurs à la formation des éducateurs, à l’organisation de leur travail et au mode de fonctionnement dans le monde de l’enseignement.

La chercheuse madame Thérèse Laferrière décrit l’innovation au secteur postsecondaire : « L’innovation pédagogique au Québec est animée, du côté collégial, par le réseau REPTIC, dont la communauté de pratique se démarque. Les archives de la Vitrine technologie-Éducation et de Profweb regorgent d’artefacts numériques, soit l’héritage des pionniers [… ]»

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La génération C

Des jeunes nés entre 1984 et 1996 ont été l’objet d’une enquête du CEFRIO en 2008-2009. Ils représentent la clientèle actuelle et future au collégial. L’objectif de la recherche était d’évaluer la validité d’une hypothèse stimulante selon laquelle l’utilisation massive que de nombreux jeunes font des technologies de l’information (TI) a un impact marqué sur la manière dont ils perçoivent le monde et s’y comportent (CEFRIO, 2008, p. 3).

Selon l’enquête, plus de 85 % des jeunes de 12 à 24 ans interrogés ont déjà recherché de l’information sur Internet et ont communiqué par courrier électronique alors que plus de 70 % d’entre eux ont téléchargé ou écouté de la musique sur le réseau. Ces résultats confirment en partie l’hypothèse selon laquelle les jeunes sont familiers avec l’ordinateur. On les a baptisés «  génération C », et ce, pour les caractériser selon trois champs distincts : la communication, la collaboration et la créativité. Leur culture tourne autour de l’ordinateur depuis leur tendre enfance. Ce milieu est si naturel pour eux qu’un univers sans ordinateurs est pratiquement inconcevable dans leur esprit. On remarque que les jeunes s’organisent mieux et transmettent des travaux de meilleure qualité à l’aide des TIC.

La motivation à apprendre

Un autre facteur qui incite les enseignants à intégrer les TIC est le fait que celles-ci augmentent la motivation d’apprendre des élèves. Viau a consacré un chapitre entier à l’impact des TIC dans son livre intitulé La motivation à apprendre en milieu scolaire. Il présente ainsi sa réflexion :

« Les enseignants devraient intégrer les TIC dans leurs classes, mais à certaines conditions. En fait, comme pour les cinq facteurs [en chapitre 5], si l’on désire que les TIC influent positivement sur la dynamique motivationnelle des étudiants, elles doivent répondre à des conditions motivationnelles. » (Viau, 2009, p. 173)

Mais qu’en est-il de l’impact de la non-utilisation des TIC en classe? Viau répond bien à cette question :

« On peut difficilement imaginer que le milieu scolaire deviendra un îlot isolé où les TIC seront utilisées de façon parcimonieuse et seulement pour des raisons administratives et de gestion. N’oublions pas que travailler avec l’ordinateur et naviguer sur Internet fait déjà partie du quotidien des étudiants qui fréquentent les écoles du primaire et du secondaire.

Karsenti (2003, p. 31) souligne avec justesse que l’absence des TIC à l’école peut avoir un impact négatif sur la motivation des étudiants, et tout particulièrement sur celle des garçons, car il y aurait une rupture trop importante entre la présence des TIC dans la société et la présence des TIC à l’école. » (Viau, 2009, p. 174)

Les changements en pédagogie

Viau explique que les changements apportés par les TIC influent sur le rôle des enseignants.

« Les TIC sont des outils qui peuvent et doivent être utilisées dans le cadre d’activités pédagogiques. Les TIC ont des caractéristiques qui en font des outils à fort « potentiel motivationnel » à condition, bien sûr, que ce potentiel soit bien exploité dans les activités pédagogiques. L’implantation des TIC dans une classe exige de l’enseignant qu’il reconsidère son rôle. Il doit se résigner à laisser une place importante aux TIC comme sources d’informations et se donner pour tâche d’animer, de guider et de soutenir ses étudiants dans l’acquisition de nouvelles compétences, dont celles consistant à chercher des informations et à les traiter. » (Viau, 2009, p. 181).

La métasynthèse de Barrette (2009) avance une piste de solution et propose des changements pédagogiques que les enseignants auront à effectuer afin d’intégrer efficacement les ENA en enseignement.

« La mise en place de dispositifs socioconstructivistes demande des changements de pratiques chez les professeurs et ces changements sont aussi très sensibles aux conditions organisationnelles de chaque établissement. » (Barrette, 2009, p. 20)

© Image d’en-tête: 2012, Simon Laroche,  Le monde en imagesCCDMD

Sources:

Barrette, C. (2009). Métarecherche sur les effets de l’intégration des TIC en pédagogie collégiale. Revue internationale des technologies en pédagogie universitaire, 6(2-3), 18-25.

CEFRIO. (2011). Génération C : Les « C » en tant que travailleurs. Document téléaccessible à l’adresse <http://www.cefrio.qc.ca/media/uploader/Fascicule_travailleurs.pdf >.

CEFRIO. (2009). Génération C, les 12-24 ans – Moteurs de transformation des organisations. Document téléaccessible à l’adresse <http://www.cefrio.qc.ca/fileadmin/documents/Rapports/rapport_synthese_generationc_final.pdf>.

Viau, R. (2009). La motivation à apprendre en milieu scolaire. Saint-Laurent : Éditions du renouveau pédagogique, 215 p.


[1] Génération C, Les « C » en tant qu’étudiants, fascicule du CEFRIO, 2011.

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